mercredi 22 juin 2016

Trail de la Vallée des Lacs 87kms

Compte Rendu du Trail de la Vallée des Lacs 87kms

Temps: Averses, de 9 à 16° environ selon l'altitude et l'heure.
http://tracedetrail.fr/en/trace/trace/19786
http://trailvalleedeslacs.com/
https://www.chronorace.be/Classements/Classement.aspx?eventId=1187790385579555&mode=large&IdClassement=13539

Briefing

Un retour pour ce trail. Ça ne m'avait pas réussi pour l'Ecotrail de Paris cette année, où j'étais parti beaucoup trop vite. Cumulé à la difficulté que j'avais eue à finir ce trail vosgien l'an dernier, le mot d'ordre était de bien profiter avant d'aller vite.
Le départ et l'arrivée sont au même endroit, et c'est un peu plus pratique pour la logistique, même si cette fois-ci j'ai eu la chance d'avoir une ravitailleuse à partir du 60ème! Merci marraine :)
Avant le départ, on apprend que quelques kms seront en moins, mais je ne comprends pas vraiment où ce sera, a priori avant le Hohneck.

Jusqu'au premier ravito, courts de tennis de Vertbruche, km 21

Et hop! c'est parti. Je ne me sens pas vraiment réveillé. J'ai l'impression d'avoir peu de tension. Très vite on monte à 950 mètres, et je sens que l'oxygène n'est pas tout à fait aussi abondant qu'au niveau de la mer. La fatigue en plus, ça fait de drôles de sensations dans les jambes. Je pousse un peu dans les montées, mais en faisant relativement attention. Les descentes jusqu'au lever du jour sont effectuées avec précaution. Par contre, dès le soleil levé, mode bobsleigh enclenché! Je me fais deux bonnes descentes pleine balle, et ça fait du bien. Rien que ça justifie les 4 heures de route et le levé à 2heures du matin. Je m'éclate! Les cuisses aussi évidemment, mais raisonnablement. Je rattrape des groupes, et à la moindre petite bosse derrière les laisse me redoubler. Bah oui, il faut bien récupérer. Au ravito par contre, je sens que c'est fini. Il est temps de reprendre les choses sérieuses. Profiter de la course, trouver un groupe qui me convient et garder de la fraicheur pour la suite. Je m'arrête assez longtemps, il ne fait pas froid. Je m'étire un peu et laisse partir une bonne vingtaine de personnes avant moi. Pour une fois je n'ai pas très faim, mais je bois beaucoup d'eau. Je n'ai que de la sucrée dans le sac, donc ça rafraichit vraiment. Je repars à 6h45, et me dis que c'est quand même un bon début de journée.

R1 à R2, juste avant Blanchemer (km 34)

Cette partie s'est passée sans encombre. J'ai bien mangé pendant, c'était l'heure du petit déj! Mais pas de difficulté insurmontable ou de descente extraordinaire. Le rythme est bon, la fatigue se dissipe, et même les nuages semblent commencer à laisser des trouées. C'est le début de la journée qui commence. Classiquement, on commence avec une bonne grimpette, je continue de descendre plus rapidement que mon groupe mais je pousse moins. J'ai vraiment l'impression que le ravitaillement arrive très vite. A mon habitude, je profite des divers amuses bouches. Tucs, chocolat, saucisson, pain d'épice... Et bien sûr de l'eau. Je n'ai pas besoin de faire le plein, ça m'arrange. Juste après le ravito c'est le Rainkopf! Mieux vaut être léger.

R2 à R3, Mittlach (km 51 46)

Le Rainkopf est un point important du trail. C'est la première vraiment longue montée. 450m de D+. On commence direct avec un vrai petit raidard un peu glissant. Mais ensuite le rythme est plus régulier. J'ai vraiment l'impression d'avancer. D'ailleurs je retrouverais au sommet des personnes qui m'avaient dépassées au début de la montée. Bien manger, bien boire, c'est long en temps si ce n'est en distance. Guetter la petite vibration de la montre qui marque le kilomètre. "Tiens, c'est le moment de boire un coup, ça fait 10/15 min qu'on ne s'est pas parlé!". Arrivé en haut, la déception. Une nappe de brouillard pour les 100 derniers mètres de D+. Mais la bascule juste effectuée, et ça se dégage! Pause paysage obligatoire. On a une vue sublime sur le lac d'Altenweiher, sur lequel nous descendons.
La descente se fait vraiment sans problème. Il y a une partie bien technique au début mais je la passe en mode récupération. Et puis plus la descente va, mieux je me sens. Je me tape un km en 5 min au 44ème, pour fêter les 6 heures de course. C'est parfait, j'aurais les jambes pour le gros morceau de ce trail après Mittlach. Au ravitaillement, je perds quelques minutes à redémarrer le portable. Il faut bien prévenir marraine que ça y est, je suis en route vers le Sotré! Bien ravitaillé bien sûr. Je suis un peu déçu de ne pas avoir fait la bosse qu'il y avait l'an dernier, c'est là le sentier coupé, mais bon, c'est de toute façon un excellent parcours. En plus, je peux ranger le coupe vent pour la première (et seule) fois du parcours.

R3 à R4, Refuge du Sotré (km 55)

Ha cette montée! 750m de D+ d'une traite, un répit et une petite remontée sur la fin pour arriver au Hohneck. Malheureusement, on ne passera pas par le lac, les conditions sont trop mauvaises. Donc c'est le même chemin que l'an dernier. Cette fois ci, je ne me fais pas avoir. Je reste concentré su ma montée et uniquement ma montée. Je démarre avec une femme, mais je la double assez vite au début. Comme au Rainkopf, j'avance quand même. Mais là c'est un peu plus raide, moins régulier. Ça sent la vraie montagne. Et la vache aussi, mais la vraie vosgienne, alors tant pis si quelques bouses nous forcent à changer de trajectoire :). Ouf, on arrive au replat avant le Hohneck. Je vais très bien! Je mange un bout, prend un peu de temps pour récupérer, et hop, je recours jusqu'au coup de cul final. Je n'avais rien vu de tout ça l'an dernier tellement la purée de pois était dense! C'est beaucoup plus facile pour le moral de voir la ferme auberge au loin. Et la bonne surprise de la fin: des marches! Habitant du 11ème qui finit tous ses entrainements par les escaliers, ça me va très bien. Je double d'ailleurs pas mal de gens qui buttent, et même des concurrents du 55km qui vont partager la fin du circuit. Ensuite, petite descente vers le refuge du Sotré, où marraine m'attend. Ha! On souffle, on mange un sandwich. Mais au moment de repartir, une grosse averse tombe. Je décide d'attendre, mais je grelotte. Je prends une soupe de vermicelles que j'avale d'une traite. Je repars au moment où ça se calme, les muscles froids mais un moral pas mauvais.

R4 à R5, lac de Longemer (km 69)

J'avais un extrèmement mauvais souvenir de cette partie. Mais cette fois ci, à la sortie du Sotré, j'ai juste un peu froid. Pas de douleur insurmontable, ou de fatigue trop prononcée. Il y a pas mal de D- à gérer, donc le fait que les cuisses étaient encore un peu fraiches était rassurant. Vu les enregistrements de la montre, ce n'était pas qu'un impression. J'arrivais bien à taper les 12km/h dans la descente, et toujours dans un bon rythme. Je me rappelais de trois montées, et c'est ce qu'il y avait. On arrive au bord de Longemer, et on me demande si c'est encore loin. Trop frais pour y croire, j'annonce 4km et un petit coup de cul. Mais en fait pas du tout. On y était! Ravitaillement assez long, envie de profiter du moment encore plus que vraiment me reposer. Quel pied! Dommage que ce soit fini dans 14 km. Mais bon, il ne faut pas encore faire le zouave, ce n'est pas rien 14km après plus de 10 heures de course.

R5 à Arrivée, lac de Gérardmer (km 84)

On attaque juste après le ravito avec un tout droit dans la pente pendant 50m. Une corde a été mise en place, et heureusement, ça glisse beaucoup! Tout le corps travaille pour monter ce coup de cul. L'effort est intense, on en est à 10h44 de course... Me rappelant du parcours, je sais que ça monte de manière presque continue, pas trop fort, jusqu'à un plat vraiment long. Donc je profite des moments sans trop de dénivelé pour récupérer plutôt que courir. Bonne tactique! Dès que le replat a commencé, je me suis remis à courir. Et ensuite, sur le haut des pistes, j'ai pu me faire des faux plats sans perdre trop le rythme. Ce n'était pas à des vitesses folles, mais ça équivalait à 9km/h sur le plat, et 10 en descente.
Et quelle descente! Dans la boue parfois jusqu'au début du mollet. des conditions que je ne crains pas du tout! J'ai été bien entraîné cette année par le trail de la Brie des Morins, et en plus j'ai vraiment grandi en randonnant sur ce type de sentiers. Seul bémol, les chaussures trouées. A chaque flaque un peu profonde, il fallait que le sable et la terre mouillé se repositionne bien. Mais y'a pas à dire, sauter dans les flaques, c'est toujours cool!
Et puis pour le moral c'est bon aussi, car il y avait une pas mal de coureurs beaucoup plus précautionneux! Ça fait des dépassements faciles. Et juste avant la dernière petite bosse, on en a besoin. Je me rappelais très, très bien de cette bosse, et donc je savais que juste derrière, c'était la descente sur l'arrivée. J'avance bien dedans. Pas vite du tout, peut être, mais elle ne fait que 300 mètres de long.
Enfin la descente finale. Ha! Sur goudron, pas cool pour les cuisses! Et voilà que je suis entouré de trois traileuses du 55! Je vais plus vite qu'elles, bien aidé en descente par les quelques kilos en plus. Et hop, c'est fini. Gagné! Que c'était bien. Rien à dire, il fait pas toujours beau, mais intrinsèquement c'est beau les Vosges! Vivement la prochaine!
Le résultat: 53ème sur 316, 6.7 km/h de moyenne pour 12h42 de course. Trééés bien :)

Matériel sur moi

Ravitaillement sur parcours: Sac à eau 2 litres Kalenji, avec beaucoup de poches avant. Barres et boisson énergétique citron Aptonia. Saucisson maigre.
Chaussures Salomon Sense Pro, certainement pour la dernière fois en compét :(
Sous couche manche longue Gore, t-shirt Salomon.
Compression bras et mollet , chaussettes Compressport (les chaussettes sont une bonne pioche!)
Imperméable Salomon, porté presque tout le temps.
Montre Polar V800

samedi 11 juin 2016

Le Cycliste Masqué

J'ai donc lu Je Suis le Cycliste Masqué d'Antoine Vayer, et d'un cycliste anonyme. Et je l'ai dévoré. Le témoignage cru et complet de ce que ça veut dire d'être cycliste pro dans les années 2000. C'est un livre qui a fait beaucoup parlé de lui. L'histoire de l'auteur y est pour beaucoup. Ancien entraineur de Festina passé de l'autre côté du dopage, les procès d'intention ont été légions.

Mais sur le contenu c'est un livre sur la condition d'un athlète professionnel. Le besoin de résultats, de participer à toutes les courses voulues par l'équipe. Se distancer de sa condition humaine et tout faire pour pédaler, pédaler, pédaler. Et en plus devoir rester compétitif. Cela veut dire qu'il faut gérer tous les autres aspects de sa vie de la manière la plus mécanique possible. Les relations amoureuses inclues. Mais aussi son rapport à la santé. D'où les pratiques dopante. Il y a beaucoup d'adjectifs qui peuvent resortir au fil de la lecture. Choquant, perturbant, glauque. Mais pour moi reste tout de même l'admiration. La qualité du travail fourni dans ces conditions est incroyable. Et je suis sur que radio peloton sait de quel(s) coureur(s) viennent les anecdotes, mais ce n'est pas un livre qui pointe du doigt. C'est l'état actuel, des choses sont mieux que d'autres, des évolutions sont en cours. Si la vérité ternit un peu le spectacle, il est temps d'être responsable et adapter le spectacle. On le fait bien pour les animaux de cirque!
Ce livre est pour moi, simple spectateur, nécessaire à la compréhension de ce que je regarde.

Et puis il y a l'entrée dans un monde que je ne vois que de l'extérieur. Alors malgré tout je prends des astuces. A Laurent Fignon j'ai récupéré sa sur-compensation (le fait de s'entrainer très fort une semaine avant la course puis de couper). Au cycliste masqué, j'ai pris de dormir les pieds un peu levés quand je force trop. Plus que des gains marginaux, c'est bon pour le moral! Ha l'effet placebo... le tout est d'y croire! De toute manière, le reste n'est pas trop applicable quand toute notre vie ne tourne pas autour d'un seul but.

Littérairement, j'ai tout de même été un peu déçu, mais ça reste un des livres que j'ai lu le plus vite!

samedi 28 mai 2016

La magie de l'expiration

Mais pourquoi diable s'essouffle-t-on? Quand on court, c'est toujours la même chose. Depuis le début, on nous explique que c'est normal. On respire plus vite, et le cœur suit.
On nous dit ensuite que c'est pour qu'il y ait plus d'oxygène dans le sang, qui alimente les muscles, et hop on court.
Ensuite, en SVT on apprend que l'on expire du dioxyde de carbone et de la vapeur d'eau.Si on creuse encore, on nous parle de décomposition de glucides, et à quel point faire de l'exercice sans respirer amène de l'acide et des crampes. On oublie quelque chose:

On expire de la graisse!

 

La graisse est faite quasiment que de carbone et d'hydrogène. On ajoute de l'oxygène en respirant, et la graisse se "casse" en molécules plus simples de CO2 et d'eau (H20), que l'on expire par échange gazeux.
Donc une activité qui fait maigrir, fait forcément beaucoup respirer!

La magie du cycle de l'oxygène


L'oxygène de l'atmosphère vient du CO2, qui, par photosynthèse, utilisant l'énergie des rayons du soleil, est cassé en carbone et en oxygène gazeux (O2). (Ce que ça veut dire aussi, c'est que le carbone qui compose les plantes vient du carbone de l'air!)
Donc ce rejet des plantes, l'oxygène, nous le consommons pour vivre. En retour, nous l'expulsons accompagné de carbone sous forme de CO2. Que les plantes cassent pour nous fournir de l'oxygène.
Et pour ne pas casser les principes de la thermodynamique, (L'énergie se conserve et l'entropie augmente), on doit tout ce cycle uniquement grâce à l'apport d'énergie du soleil!

Pour conclure, j'aime bien penser à cette expérience que j'ai lue mais dont je ne retrouve plus la source: On enfermerait un homme et une plante dans une cloche hermétique. L'homme perdrait sa graisse, et donc son carbone et son eau, et la plante le récupérerait et grandirait. Mais bien sûr à la condition que la plante puisse absorber le carbone, donc qu'il y ait de la lumière.
L'énergie solaire est bien plus présente que ce que l'on pense dans notre monde!


Un bon lien

http://www.science-et-vie.com/2014/12/quelquun-perd-du-poids-va-graisse-on-vient-comprendre/



dimanche 22 mai 2016

Réflexions Mécaniques

Il faut courir pour avancer et non pas courir pour courir. Cette phrase, j'y pense beaucoup. Que ce soit dans les moments vraiment durs dans lesquels il est impossible de courir, ou dans les moments durs, dans lesquels courir fait mieux avancer. Mais au delà de la partie psychologique, il faut aussi y penser lorsque l'on travaille sa technique!

L'importance du centre de gravité (aussi appelé nombril)

 

Le but de toute course est de parcourir la distance horizontale le plus vite possible. Le centre de gravité, ou centre de masse, est important justement dans les cas de translation. C'est à dire quand l'on cherche avancer tout un corps. Il y a deux raisons principales à cela:
  1. On ne fait pas bouger le centre de gravité sans réaction sur un support (voir la vidéo ci-dessous)

    (Bien sur, il finit par s'en sortir avec des mouvements d'air, mais il aurait aussi pu jeter sa chemise ou son pantalon ;) )
  2. Comme on peut aussi le voir, toute action qui n'est pas directement sur le centre de gravité, crée une force de rotation (mouvements des bras, des jambes etc...)
De ces deux grands principes, on peut tirer des conclusions importantes pour la course:
La première est que chaque mouvement des membres devra être compensés par le "core" pour toujours garder le même cap. Cela veut aussi dire que chaque écart sur les appuis par rapport au centre de gravité devra lui aussi être compensé pour aller tout droit.

La seconde est plus un corolaire. Si il faut éviter les mouvements parasites qui pourraient modifier l'avancée horizontale (et dans la bonne direction) du centre de gravité, il faut encore plus éviter de le faire bouger dans des directions parasites!

De l'efficacité du vélo

 

Mais pourquoi avance-t-on si vite à vélo? Pourquoi est-ce qu'un coureur bien entrainé pourra sprinter à 50 voire 60 km/h, rouler à 30 km/h sur le plat à vélo, mais ne pourra sprinter qu'à 20-30km/h à pied et tenir une cadence de 12 à 15km/h?
La raison principale c'est que le vélo nous aide énormément à éliminer tous les mouvements parasites du centre de gravité. La rigidité du vélo nous aide par deux aspects:
  1. Le centre de gravité est toujours à la même hauteur et ne varie pas.
    En effet, tout changement de hauteur du centre de gravité engendre un travail. Vers le bas, c'est évidemment un "cadeau" de la gravité, mais vers le haut, il faut se battre contre elle.
  2. L'énergie des mouvements excentrés est transférée au pédalier. Pas besoin de se focaliser sur un point d'attaque sous le centre de gravité, la force est transmise grâce à l'axe. Et les bras de leviers rigides entre le guidon et les pédales fait que la compensation de ce qui reste est facilitée (au moins jusqu'à un certain point)
 La course, par son mouvement en deux étapes principales (contact et en l'air), nous obligent à faire monter et descendre le centre de gravité en permanence. En plus, pas de gros axe de pédalier pour s'assurer que les mouvements excentrés soient transmis avec un maximum d'efficacité. Tout doit passer par les muscles du corps.

Comprendre les recommandations classiques

 

Le but de ces exemples est de comprendre le pourquoi des recommandations classiques pour courir vite et longtemps: une fréquence élevée, peu de mouvement du bassin et des épaules, et une attaque le plus possible en dessous du centre de gravité.
  1. Fréquence élevée
    Plus on reste longtemps en l'air, plus la gravité nous fera descendre. En plus, là où la physique est méchante, c'est que la gravité nous fait accélérer, donc la distance parcourue augmente avec le carré du temps. En gros, ça donne ce type de courbe:
    Mais l'énergie que l'on doit dépenser pour remonter de la chute, elle ne dépend que de la hauteur! Donc avoir une cadence plus élevée nous créera moins de D+ à notre niveau, pas seulement pour chaque foulée, mais aussi par durée de sortie.
    Et bien sûr, l'impact de la gravité influe directement sur la position du centre de gravité, quelles que soient les gesticulations autour!
  2. Peu de mouvements du bassin et des épaules
    On peut aussi appeler ce conseil "rester bien en ligne". Ces mouvements sont normaux lorsque l'on est en contact avec le sol. On pousse un peu avec l'épaule opposée, cela compense le fait que le pied n'est pas exactement dans l'axe d'avancement. Mais il faut à tout pris éviter de trop en faire, et synchroniser au plus la force que l'on met dans ces mouvements avec la poussée.
  3. Attaquer en dessous du centre de gravité
    Rien ne sert de chercher loin devant. Pensez à une chose simple: la différence de temps que l'on peut rester en "faisant la chaise", et en attendant bien droit dans une file d'attente... L'effort n'est pas comparable.

Conclusion

Ce sont toujours des éléments auxquels je pense quand il s'agit de franchir un obstacle ou essayer une autre technique pour s'améliorer. Alors c'est une première approche, elle doit bien sûr être couplée avec ses sensations et douleurs. Mais revenir à la base de la physique permet souvent d'éviter de s'entrainer trop longtemps dans la mauvaise direction, ou d'appliquer trop strictement des techniques sans pouvoir mesurer en quoi elles améliorent le mouvement (4 poses par exemple).

vendredi 13 mai 2016

Enfin Inscrit!

Avoir une course en tête est toujours important pour s'entrainer dur. Celle là est particulière. J'y pense depuis janvier mais pour des raisons pratiques, je ne m'étais toujours pas inscrit. Ça y est c'est fait. J'en rêverais peut-être un peu moins la nuit. Rendez-vous le 18 Juin maintenant.

C'est un trail sur lequel je reviens. Je l'avais titillé l'an dernier, finisher dans la douleur, les bronches infectées et une heure de sommeil toussotant pour tout repos. Il faut bien l'avouer, la fierté et l'émotion initiale passées, la montagne avait quand même gagné cette fois ci. 14 heures, un peu plus. Dans le brouillard, le frais. Malgré un bon temps, à l'arrivée je ressentais tous les sentiers passés, toutes les pierres instables, les sauts de ruisseau, les montées.... La montagne m'était rentrée dedans.

Donc c'est repartit. J'attends tout avec impatience, mais je sais que c'est l'inattendu qui restera. Il n'empêche je me remémore la beauté, le calme, la fraicheur des sapins et des lacs. La première grosse montée vers le Rainkopf, nom barbare mais qui n'est qu'un avant goût de ce qui nous attend après au Hohneck. Un début droit dans la pente, une pause illusoire et c'est reparti après, même dénivelé, coupé en deux exactement. Dans le brouillard. Refuge du Sotré. Un des endroits les plus exposés des Vosges, autant dire qu'il faut pas trainer si on ne veut pas se refroidir. Plus de dénivelé insurmontable, mais après de tels efforts chaque kilomètre se fait long. De plus en plus long. Jusqu'à se retrouver en haut des pistes, on croise un sentier du départ et là il faut compter sur l'énergie du désespoir et finir.

Alors bien sûr, je ne vais pas gagner contre la montagne cette fois ci non plus. Qui sait, l'abandon n'est jamais une vraie défaite sur ce genre de distances. Mais j'espère que je vais moins l'énerver. Que mes pas seront légers, et qu'elle se laissera contempler le plus longtemps possible. Qu'elle me montre tous ses états, du lever de soleil aux reflets des sapins sur les lacs l'après midi. Et là, le finish sera une toute autre souffrance, un arrachement à une journée de trail.

Trail de la Vallée des Lacs
PS: Sur ce trail, j'avais eu la chance d'être soutenu. Quel bonheur de voir une tête connue dans ces conditions!

samedi 7 mai 2016

Ce que je mange

Ce que je mange

Cet article n'a pas pour but d'être une référence, mais j'ai fait des essais qui m'ont apportés certains résultats, ce dont je fais part. Ce ne sont pas des conseils universels bien sûr, mais quelques pistes.

Avant c'était pâtes

Jusqu'à un an ou deux, mon alimentation tournait autour des glucides. Je ne mangeais quasiment que de pâtes le soir, avec un supplément viande, parfois. Peu de graisses, juste un peu quand je me suis rendu compte que ça calmait des problèmes de peau.
Le midi, c'était sandwich ou plat du jour + frites. Le matin, du pain et de la confiture.

Maintenant c'est plus varié

Mon premier changement a été lors du petit déjeuner. Je me suis rendu compte lors de mes déplacements qu'à l'hôtel je mangeais du bacon, des omelettes et d'autres choses savoureuses et protéinées sans problème de digestion. Le repas tient en plus bien au ventre, et je pouvais retarder le repas de midi avec moins d'irritabilité.
J'ai donc ramené un peu des ingrédients pour le petit déjeuner: un oeuf au plat et du fromage blanc, avec des dlocons d'avoines ou d'autres mélanges de céréales sans sucre. Un fruit ou des fruits secs en complément.

Le soir, j'essaie plus fréquemment de varier, avec une viande et des légumes plutôt que des féculents purs. En dessert, un laitage ou de la compote.
Et e midi, le sandwich est devenu exceptionnel, avec plutôt une quiche ou des plats préparés avec un contenu en protéines suffisant.

Des premiers résultats

  • Une meilleure récupération
    Toutes les protéines supplémentaires font du bien aux muscles. Les petites douleurs disparaissent plus vite.
  • Une meilleure réponse à l'entrainement
    En plus de la récupération, je développe de nouveau certains muscles, et la vitesse et la charge de travail augmentent en fonction.
  • Plus d'énergie
    J'ai vraiment l'impression d'être plus en forme. Je dors toujours beaucoup, mais c'est beaucoup plus récupérateur. Avoir plus de sentiment de satiété doit aider aussi!

Et quelques effets secondaires

Parfois, le manque de glucides se fait sentir. Pas de force à l'entrainement. Mais rien qu'un bon plat de pâtes ne peut rattraper!
Au début aussi, impossible de stabiliser mon poids. J'étais rassasié trop tôt, et perdais du poids en permanence. C'est surtout problématique en hiver. Frissonner au moindre coup de vent n'est pas agréable... Un peu d'éducation à prendre, mais l'effet inverse n'est jamais loin non plus. Quand une erreur de 100g de pâtes n'augmente l'apport en calorie que de 360 cal, ce n'est pas le cas de 100g de saucisson...

Au final, c'est quand même plus fun

Le point le plus important je trouve, est que c'est beaucoup plus drôle de manger et faire à manger comme ça! Tout est testable, du temps qu'il y a quelques protéines dedans: tofu, lentilles, fèves, toutes sortes de laitages, des fruits et légumes jamais essayés auparavant....
Bref, beaucoup de positif dans ce changement, qui m'a permis de remplir quelques carences en s'amusant! Mais bien sûr, la règle d'or est toujours de rester ouvert.

dimanche 1 mai 2016

Ultra Trail de la Brie des Morins 87kms

Temps: Nuageux et frais (entre 5 et 10 degrés), pluie la nuit précédente.
http://tracedetrail.fr/fr/trace/trace/9327
http://ultratrailbriedesmorin.fr
http://ultratrailbriedesmorin.fr/wa_files/UTBDM2016_20Solo_20Chrono.pdf

Jusqu'au premier ravitaillement (17km)

Dès le départ, je me sens pas trop mal. Je laisse filer la tête de course, mais me retrouve dans un groupe de 4 entre la 6 et 9ème place. C'est un trail familial, donc le niveau n'est pas super élevé, mais ça fait du bien de tourner les jambes correctement. Le profil est très roulant dans cette partie, peu de boue mais suffisamment pour que je me fasse un petite glissade sur les fesses.
J'ai un peu faim donc je mange bien, et laisse le groupe filer.

R1 à R2 (36km)

Section encore assez roulant sur le début, puis on rejoint les courses plus courtes (30 et 66km). C'est boueux, et avec le piétinement et des travaux forestiers, certaines pentes sont très glissantes, et la montée est bien galère. Du coup, mode gestion. Surtout ne pas trop forcer, la boue fait déjà assez faire des gestes involontaires comme ça. Et puis, tout le monde autour est beaucoup plus frais, donc il faut se recentrer sur soi. Au R2, encore assez faim, je prends mon temps. Il fait bon, c'est abrité. Je perds encore une place, mais ça me permet de profiter serein.

R2 à R3 (50km)

On se sépare des 30, et les 66 commencent à être dispersés. Je suis dans un tempo, alors qu'eux commencent à sentir les km (ils en sont à 27 à ce ravitaillement). Ca va me permettre d'en rattraper jusqu'à la fin! La boue est toujours présente en grande quantité, mais certaines montées ruissellent, donc avec un passage stable mais encore plus mouillé!
Je suis très content de mon état à 50k.
Une petite décontraction. encore un ravitaillement salé et sucré. Et c'est reparti.

R3 à R4 (62 km)

Le plus court des inters. Je me fais doubler par une personne, mais je la garde en vue. Au final on aura pas mal parlé aux ravitos, et l'arrivée mais on était trop dans notre rythme pour vraiment courir ensemble. Je tape dans ma réserve de noix de jambon, et le sel fait du bien.
Ca ne m'empêche pas de bien me ravitailler. A ce moment, je me sens toujours pas mal du tout.

R4 à R5 (75km)

Partie la moins roulante. Mais ça fait du bien de casser un peu la course. J'arrive bien à courir même dans les parties en légère montée. Ça sent la fin, et c'est des routes marrantes!
 Je continue quand même à taper dans mes snacks sur le chemin, ca fait du bien.
Au ravito, du coup je n'ai plus faim! Mais là, surprise! Le parrain de la course Luca Papi a décidé de ne plus forcer. Chapeau à lui pour vouloir finir quand même, avec son agenda surchargé!

R5 à L'arrivée (87km)

Là, rien ne peut plus m'arriver. Il y a un peu de dénivelé, mais ce n'est pas vraiment casse patte. Je cours bien, malgré la fatigue mentale qui s'installe. Je me retourne pour voir si je n'ai pas raté mon chemin et SPLASH! Je trébuche sur une pierre et m'étale dans un ornière pleine d'eau. Pas de gravité, mais ça réveille sacrément! Le balisage était tellement bon, que non, je n'avais même pas raté mon chemin :).
L'arrivée vient, et là c'est que du fun. Une dernière petite montée puis une descente faite avec l'influx que l'on retrouve pour l'occasion. Un petit message au micro, récupération du lot finisher, puis direction la voiture pour mettre des habits secs.
Quelle course! Un bon repas de l'orga puis retour à la maison.

Conclusions

Malgré la boue, j'ai réussi à garder quelques réserves pour ne pas finir complétement vidé. Et ça fait du bien!

Équipement

Chaussures Salomon Sense Pro, Compression jambe et bras, montre V800, coupe vent et tshirt salomon, et sous-couche manche longue Gore, buff Ceramiq.
Dans l'ensemble un bon choix, modulable pour les quelques parties un peu douces, et chaud pour les plaines ventées.